Une très large étude menée en 2011 par le le cabinet de conseil en gestion des ressources humaines BPI et l’institut BVA auprès de 5 500 salariés dans dix pays, publiée jeudi 6 décembre, s’est interessé à l’opinion que les subordonnés se font de leurs managers.
Le résultats pour la France est édifiant : Les managers français sont vus par les collaborateurs comme mous et incompétents.
Par rapport à la même étude faite en 2007, la chute est vertigineuse. 22% des sondés ont une très bonne opinion de leur manager, soit une perte de plus de 10 points depuis 2007.

Quels attendus ?
Les qualités managériales attendues par les salariés sont l’écoute, la capacité à motiver, à parler vrai, à reconnaître ses erreurs, à mettre en place une relation de confiance …

Quels reproches ?
L’incompétence, tout d’abord, au regard de cette incapacité française globale de nos managers à fixer des objectifs, plus précisément l’absence d’objectifs clairs.
L’incompétence, toujours, en raison de leur manque d’autorité. L’absence d’autorité est jugée comme un signe majeur d’inefficacité et l’on constate que les pays dont les supérieurs hiérarchiques sont jugés comme les plus autoritaires sont aussi ceux où leurs subordonnés les trouvent les plus sympathiques.
L’incompétence, enfin, caractérisée par le peu d’écoute accordée aux collaborateurs qui influe directement sur une absence majeure de motivation des collaborateurs.

Sur la base de ces études, certes un peu anciennes (2007 et 2011), il est intéressant d’associer à ce triste constat celui de la vision des étrangers sur le management français.  Selon une étude de 2015 ciblant le système managérial français, celui-ci souffre de trois grands maux que sont une hiérarchie très verticale privilégiant l’individualisme au collectif, un management implicite doté de codes peu accessibles et un « plafond de verre » freinant l’accession des étrangers au top management.

Que retenir de ces études ?
L’image très française du leader charismatique conduit à ne pas savoir, dans de nombreuses entreprises, mettre en place de véritable « parcours managers ». Ce culte gaulois du « On est un chef, ou on ne l’est pas », fait trop souvent oublier que le management est une compétence, et qu’en tant que telle, elle s’acquiert par l’apprentissage.

Il est aussi temps de lâcher un autre principe destructeur selon lequel l’excellent technicien ne peut que devenir naturellement un bon chef, oubliant toujours que le management est aussi une compétence nécessitant l’acquisition de savoirs spécifiques.

René HYS

SOURCES :

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