Coaching Manager Homme/Femme, est-ce différent ?

La question de coaching pourrait sembler simple. Et pourtant chaque thèse à ses défenseurs et ses opposants, et les différentes études menées sont difficiles à analyser.

Y a-t-il un management féminin ?

Réglons d’abord cette question qui est un classique du management. Perceptions personnelles et études militantes … il est difficile de s’y retrouver. Chacun développe son avis justifiant d’exemples vécus et de statistiques obscures, sans jamais avancer la moindre source fiable.

Les croyances dans ce domaine semblent faire la loi.

  • Pour 53,1 % des hommes, contre 48,7 % des femmes, ces dernières auraient réussi à obtenir leur poste en se masculinisant,
  • 85,1 % des managers hommes et femmes pensent aussi que les femmes sont parfois plus dures que les hommes,

Quant aux raisons de ces différences :

  • 91,6 % des hommes et 86 % des femmes citent les contraintes familiales comme premier facteur de discrimination
  • 39,7 % des hommes et 48,9 % des femmes pensent les femmes moins attirées par les postes de pouvoir

AUCUNE étude ne démontre que les femmes soient moins carriéristes ou moins « réseauteuses » que leurs homologues masculins.

Et RIEN ne démontre que les femmes soient plus orientées vers les relations interpersonnelles et un management démocratique. Pas plus qu’il n’est démontré que le style masculin débouche sur une tendance autocratique centrée sur les tâches.

Les croyances sont justifiées à grands coups d’hypothèses, de l’instinct maternel à l’éducation sexuée, sans qu’à aucun moment ces croyances ne soient étayées par des données indiscutables.

Quelles conséquences en terme de coaching ?

En réalité, le coach accompagne une personne sur une problématique donnée et dans un temps limité. Cette simple définition du coaching suffit déjà en soi à donner la réponse à la question initiale. Que le coaché soit une femme au foyer, un chômeur en cours de reconversion, une chef d’équipe ou un dirigeant, le processus de coaching reste identique. La situation, les croyances et les ressentis fournissent au coach des données qui entrent naturellement dans l’équation. Ni plus, ni moins.

Que le (la) coaché(e) soit un homme ou une femme est en soi totalement indifférent. Certains managers hommes vont invoquer un manque de féminité (qui est une façon d’exprimer un mode autoritaire). Certaines femmes vont exprimer leur manque supposé de qualités masculines (empathie un peu trop débordante ou carence d’estime de soi). Nous sommes ici,  dans la croyance et le ressenti.

Mais les hommes comme les femmes traversent dans leur parcours les mêmes périodes de doute. Ils ont les mêmes difficultés à gérer l’empathie, l’autorité, l’estime de soi et le changement en général.

Il n’existe, en réalité, aucune différence entre le coaching d’un manager homme et celui d’un manager femme.

Qu’en conclure ?

Chacun a une demande spécifique correspondant à un ressenti ou une défaillance supposée. Cette démarche, avec l’expérience, n’est pas sexuée.

Ainsi, une manageuse qui considère  son management comme  « trop féminin » est accompagnée par le coach vers des attitudes qu’elle considère comme plus masculines. Le coaching permet aussi d’accompagner des managers hommes qui souhaitent « exprimer leur côté féminin ». Il est, d’ailleurs,  toujours intéressant de constater que le « trop d’empathie » touche une proportion quasiment identique de managers hommes et femmes.

Finalement dans le coaching, le fond du travail est avant tout d’accompagner. C’est-à-dire, de diminuer, voire supprimer, le stress, l’inquiétude ou le blocage et d’accompagner la personne coachée vers un équilibre souhaité. Le coaching ne peut donc pas être différent qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme. Le coaching est une écoute, un accompagnement et le moment d’un travail sur soi.

René HYS
Formateur expert en management – Coach certifié et diplômé
KARBON 13 – FormationCoaching https://www.karbon13.fr